Et de Noël

Elles sont de retour, ces musiques entêtantes et criardes que l’on connait tous par cœur. Les sapins commencent à être abattus et décorés, les parfums capiteux de biscuit, de résine et d’orange commencent à émaner des maisons. C’est officiel: Noël est de retour. Mais… Je n’en ai pas du tout l’impression et je ne suis pas le seul qui ne se rend pas compte que Noël est dans quatre jours. Je ne sais pas, ce n’est pas comme les autres années. Il n’y a pas cette impatience qui caractérisait cette période les années précédentes. Est-ce à cause du statut particulier de cette année ou du fait que je grandis ? Aucune idée. Mais j’espère que ce n’est pas la seconde option. J’ai depuis longtemps passé l’âge de croire aux lutins mais j’ai toujours cru au caractère magique de cette période de fêtes. Revoir les personnes qu’on croise rarement et les maisons se parer de décorations. C’est un spectacle que j’ai toujours aimé. Est-ce que grandir m’aurait même rendu indifférent à ça ? Sortir du cocon de l’enfance m’a fait me rendre compte que cette fête n’était pas forcément que positif mais est-ce que je vais vraiment me mettre à ne ressentir que ses aspects positifs ? Est-ce que je ne vais voir en Noël qu’une fête de surconsommation, une fête commerciale néfaste pour la planète et pour les gens qui sont seuls à cette période ? Une fête seulement là pour donner de l’espoir aux gens , pour leur donner leur dose d’espoir et de rêve annuelle afin qu’il trime les 364 autres jours de l’année en se disant:  » Tout ira bien, bientôt c’est Noël. ». D’ailleurs les catalogues de jouets sont arrivés en octobre cette année. Surement parce qu’on avait tous besoin d’espoir le plus tôt possible. Même les films de Noël me paraissent plus fade. Les quelques un que j’ai regardé cette année étaient génériques, aseptisés et remplis de scène de sexe (que voulez vous, il faut ce qu’il faut pour vendre les œuvres et conserver l’attention des spectateurs, même lorsqu’ils ont huit ans). Mais je ne peux même pas dire que c’est la faute de l’époque: je suis persuadé que si je revoyais les films qui sont sortis il y a une dizaine d’année et qui ont bercés les Noël de mon enfance je les trouverais aussi fades. C’est ça grandir ? Se rendre compte que les évènements qui nous remplissaient de joie il n’y a pas si longtemps sont en fait banal et peut digne d’intérêt ? Si c’est ça je ne vais surement pas tarder à développer le syndrome de Peter pan (paradoxal d’ailleurs, j’ai toujours détesté ce film).

Mais encore une fois je ne m’étale que sur le négatif alors qu’il y a tellement plus. Ces choses que les ne pourront jamais m’enlever, ces autres trucs que je vais pouvoir faire grâce à mon âge grandissant (se bourrer la gueule !) et enfin les trucs dont je ferrais bien de profiter car il y aura un Noël que je passerai avec sans savoir que se sera le dernier. J’ai même réussi à trouver une série de Noël bien ! D’ailleurs il ne tient qu’à moi de la retrouver, cette insouciance qui me permettait de voir le monde réellement paré de couleur à cette période, et non seulement illuminé par les guirlandes de Noël. Oui… Je crois que je vais faire ça en fait. Les gens pessimistes à la période des fêtes sont vraiment les pires.

Et du destin

J’ai toujours été fasciné par le destin, cette idée que toute notre vie est déjà tracée, que tous les évènements que nous allons connaitre sont retranscrits quelque part. Je trouve ça fascinant parce que c’est incroyablement pessimiste: pourquoi vouloir changer le cours des choses si tout est déjà déterminé, pourquoi se battre pour que telle chose vous arrive alors qu’il est écrit qu’elle n’arrivera pas. Pourquoi vivre si tout est déjà définit ? Si le destin existe alors il faudrait simplement attendre de voir que les choses qui doivent nous arriver se produisent parce que nous ne pourrons rien faire pour influencer ces évènements.

Mais en soi si c’était juste ça le destin ce serait pas très intéressant. Non ce que je trouve intéressant aussi c’est le côté rassurant de cette idée. Si tout ce que vous allez faire est déjà prévu, pourquoi se prendre la tête ? Ce qui doit arriver arrivera, pas besoin de cogiter durant des jours en se demandant est-ce que cette personne vous aime, l’univers à un plan pour cette histoire, comme il a un plan pour tout. Je suis tombé sur un post insta la dernière fois qui disait grossièrement que parfois il ne fallait pas forcer quelque chose parce qu’il était possible que la vie bloque pour vous protéger. Je trouve ça amusant de penser qu’il y a un être supérieur qui s’occupe des moindres problèmes de tous les habitants de cette Terre. Gerer l’existence de 7 milliard d’être humain doit être un casse-tête monstre comme boulot !

Si le destin existe vraiment ça doit être quelque chose d’incroyablement complexe. Si on reste à notre échelle déjà. Imaginer que toutes vos réactions et vos actes sont définis à l’avance donne déjà le vertige mais alors anticiper l’influence de chacune de ces actions sur le reste d’une vie… Je ne peux imaginer la complexité d’un tel projet. Mais à l’échelle encore plus grande ça devient clairement ingérable. Car si mes actes influencent ma propre vie, ceux de mes amis, de ma famille, des personnalités que j’apprécie voir même de total inconnu ont également une influence. Nos existence deviennent alors de gigantesques toiles où tout est connecté. Les fils de nos vies se croisent, se divisent, se coupent dans un mouvement indéchiffrable et parfois simplement dus au hasard.

J’écris ces lignes sur le destin mais en réalité il est impossible de prouver que cette idée est réelle. Cependant, quand on y réfléchit bien il y a certains événements de nos vies qui ont eu lieu après une suite de situation que l’on aurait jamais pu prévoir et dont la fin était totalement imprévisible. D’autres actes nous sont arrivés et on ne sait toujours pas pour quelles raisons. D’autre encore étaient tellement inattendus qu’on peut presque parler d’anomalie. Cette succession d’évènements qu’est notre vie me parait bien trop aléatoire pour que je ne puisse lui trouver une explication autre que surnaturelle.

Et des sentiments

On m’a dit un jour que j’étais une personne trop sensible et que cette sensibilité me permettait de connaître des sensations que la plupart des gens ignorent. Mais aussi qu’à cause d’elle je serais enclin à recevoir de gigantesques claques de la part de la vie. Je trouve que cet exemple illustre parfaitement à quel point les sentiments sont quelque chose de complexe. Ils peuvent être des compagnons précieux… ou détestables.

Vous vous basez sur quoi pour prendre une décision importante ? Sur ce que votre cerveau vous dicte ou ce qui vous est insufflé par votre cœur ? J’ai toujours eu beaucoup de respect pour ceux qui étaient capable de prendre des décisions rationnelles, réussissant à détacher leurs sentiments de leur raisonnement. Ça me fait un peu penser au professeur dans La Casa De Papel. Au départ sa règle unique est de ne pas avoir de sentiment pour les autres membres de l’équipe de braqueur. Ce détachement permettrait de prendre les meilleures décisions de manière objective afin de mener le cambriolage à bien. Au final personne ne s’y tiens. Des amitiés se développent, des relations amoureuse, des rivalités… Il est impossible de mettre de côté ses sentiments apparemment. Ils sont trop ancré dans notre nature humaine.

Est-ce pour cela que l’on surnomme les personnes qui savent faire abstraction de leurs sentiments des « robots »? Comme s’il était inhumain de savoir exclure un élément qui semble handicapant. Cependant s’il peut sembler utile de savoir mettre de côté ses émotions afin de prendre une décision de manière objective, ne rien ressentir du tout est à mes yeux une perspective horrible. Je crache beaucoup sur les sentiments depuis le début. Mais en réalité c’est lorsque je ressens une joie ou une tristesse jusqu’au plus profond de mon être que je me sens le plus vivant.