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Et du Temps

Les photos ont des supers pouvoirs. Elles nous permettent de voir des veuves aux côtés de leur mari et des ennemis jurés assis l’un à côté de l’autre, tout sourire. Elles sont une porte ouverte sur notre passé, un témoin de l’avant. Aujourd’hui nos smartphones sont tous remplis de dizaine et de dizaine de clichés. Tout est pris en photo, tout le temps. Est-ce que ça veut dire que nous vivons de plus en plus de moment digne d’être immortalisé ? Ou alors que nous ne savons plus faire la différence entre ce qui est important et ce qui est juste… Oubliable ? J’en sais rien. Ce qui semble sûr par contre c’est qu’aujourd’hui les photos sont plus des miroirs que des témoins: on ne prend pas un selfie pour se souvenir comment nous étions à tel âge mais pour obtenir le plus de likes possible sur les réseaux sociaux. Les anciens clichés de vos parents ne sont pas instagrammable et ils n’ont pas besoin de photoshop pour remplir leur rôle. Ils servent simplement à vous rappeler que vous avez vécu telle chose, à vous remémorer des souvenirs que vous aviez oublié. Je ne sais pas si cette évolution est une bonne ou une mauvaise chose mais de toute façon ce n’était pas de ça dont je voulais parler à la base.

Ce dont je voulais parler c’était le temps. Vous avez remarqué que l’on a jamais assez de temps ? Soit il nous en manque et nous sommes en retard soit nous en avons trop et nous ennuyons. Parfois on dit qu’on a suffisamment de temps mais c’est souvent avant de se mettre à bosser un travail urgent que nous n’avons pas encore commencé et qu’on doit bientôt rendre ou lorsqu’on calcule le (peu) d’heure de sommeil que nous allons avoir, bref pour se convaincre qu’on en a assez en gros. Mais qu’est-ce que le temps en fait ? Un dieu dont les prêtres sont les horloges. Une divinité qui compte, qui observe de son œil froid et mécanique les fragiles humains qui courent à ses pieds pour satisfaire sa volonté. Le temps n’existait pas à la base, c’est une simple invention de l’homme qui a toujours besoin de tout quantifier, mesurer et classer. Mais aujourd’hui nous sommes tous prisonniers de cette invention, prisonniers de ces alarmes, de ces réveils et de ces horaires à respecter. Pourtant le temps (je suis trop drôle) n’existe pas. Ce n’est qu’un outil pour dire que certaines personnes sont théoriquement plus proche de la mort que d’autre.

Il n’y aura plus jamais de vingt-neuf août 2021. On vit des journées grises, des journées inintéressante qui se perdent dans une sorte de magma visqueux de vie banale en se disant que ce n’est pas grave parce que demain sera incroyable. Mais, dans l’ombre, cette satanée horloge tiens les comptes de votre temps et elle se fiche bien de savoir si votre journée était incroyable ou non, elle se contente de faire une nouvelle croix sur le calendrier. Est-ce pour cela que tout le monde répète tout le temps qu’il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier et blablabla ? Surement. C’est surement pour ça mais aussi parce que nous ne savons pas combien de cases cette satanée horloge pourra-t-elle encore cocher sur notre calendrier. J’ai compris il n’y a pas si longtemps ce que ça voulait dire « vivre chaque jour comme si c’était le dernier ». Au départ je voyais ça comme la phrase que sortent les gens avant de faire un acte inconsidéré, pour se justifier de leur connerie en quelques sortes. Mais en réalité ce n’est pas ça. Vivre chaque jour comme si c’était le dernier ça veut dire faire dans votre journée tout ce que vous voudrez faire pour n’avoir aucuns regrets si jamais vous creviez demain. C’est un peu comme le carpe diem en fait, une belle image que tout le monde a utilisé jusqu’à ce que ça en devienne absurde et que le sens original se perde… Le mantra « vivre chaque jour comme si c’était le dernier » a suivit la même évolution que la photographie en fait.

Et de la Multitude

Nous sommes sept milliards d’êtres humains. Je ne vous apprends surement rien c’est une donnée que quasiment tout le monde connait. Mais comme souvent il y a les chiffres et, derrière, ce qu’ils ont une fâcheuse tendance à cacher: les faits. C’est une chose de savoir que nous sommes beaucoup, s’en est une autre de se rendre compte qu’il y a sept milliards de personne avec leurs rêves, leurs peurs, leurs histoires. Je trouve ça vertigineux de savoir que toutes les personnes qu’on croise dans la rue ont vécues des choses prenantes que nous ne soupçonnons même pas. Comment peut-il y avoir assez de malheur et de bonheur pour nourrir tout ce monde ?

En plus d’être vertigineux c’est aussi une porte ouverte sur la relativisation: nos problèmes, aussi insurmontables et destructeurs qu’ils peuvent nous sembler, ne touchent même pas un millième de l’humanité. Tout le monde a des obstacles qui empêchent leur monde de tourner rond, sans que cela n’ait l’air d’affecter le monde des autres. Pourtant nous croisons chaque jours ces personnes sans être affectés par la plupart de leur problème. Ça rejoins un peu la phrase « il y a toujours plus malheureux » je trouve. D’ailleurs ce dicton m’a toujours intrigué. Il y a forcément une personne tout en bas non ? S’il y en a toujours au dessus…

Mais je divague (vague). Je trouve que ce qui illustre le mieux cette impression d’immensité c’est la voix. Chaque jour on entend des voix qui nous sont inconnues: celle des acteurs dans les films, celles de ses étudiants qui rigolent à une terrasse, celle de cette vieille dame qui est passé à côté de vous dans la rue. Ces voix sont proches de nous, accessibles, pourtant nous ne savons pas à qui elles appartiennent lorsque nous les entendons. Nous n’avons accès qu’à la surface et il faut un certain nombre de fréquentation avec elle pour faire l’association voix/visage. C’est un peu l’analogie d’une relation: au départ il n’y a que la surface, le physique. Et puis on apprend la personne, on approfondit notre connaissance de l’autre. Jusqu’à au final associer un corps à un esprit.

Je ne sais pas trop comment conclure ce post… Disons simplement que les personnes qu’on croise dans la rue ont des histoires à raconter.

Et encore de l’amour

« Je t’aime », c’est dingue tout ce qui se cache derrières ces quelques syllabes, ces deux pauvres mots. Est-ce pour ça qu’ils sont autant sacralisé ? Qu’on en fait tout un plat ? Je t’aime marque la confiance qu’on a pour une personne. Ces deux mots l’autorise à avoir du pouvoir sur nous. Je t’aime ça veut dire « d’un simple geste de ta main tu peux bouleverser ma vie»

Je vous l’avez dit, qu’on y reviendrait. Il y a tellement de choses à dire sur ce sujet qu’il était impossible de s’arrêter à un seul post. Mais ce n’est pas parce que je me remet à en parler que j’ai plus avancé dans ma quête de compréhension: je peine toujours à définir ce sentiment qui en obsède plus d’un. Récemment j’ai entendu quelqu’un dire « J’ai trouvé une définition différente de l’amour chaque fois que je suis tombé amoureux. » Est-ce que c’est ça en fait ? Trouver l’amour serait impossible parce qu’on ne sait même pas quoi chercher ? La phrase insupportable « C’est en cherchant pas qu’on trouve » serait alors vrai ? Il est impossible de chercher quelque chose sans savoir à quoi il ressemble alors le seul moyen de le trouver serait d’attendre qu’il vienne à nous ? Mais même … Est-ce que ça vaut vraiment la peine de tant s’investir dans cette quête ?

Certain pense que les films sont le reflet de notre société. Par exemple, ils pensent que si dans les années quatre-vingt tant d’œuvres parlaient du futur avec des technologies incroyables (retour vers le futur par exemple) c’était parce que à cette période on avait foi en l’avenir et on voulait le montrer. Aujourd’hui, si les films de super-héros pullules c’est qu’on en a besoin: notre société parait si… Perdue, désespérée que les Hommes se mettent à rêver d’un leader, d’un être humain incroyable capable de guider l’humanité. Mais pourquoi je me met à parler de cinéma ? Parce que si les films sont le reflet de notre société il y en a un aspect qu’ils peinent à reproduire: l’amour. Dans les films qui traitent ce sujet on ne parle pas des problèmes, ou plutôt on s’en invente de faux. C’est toujours le même schéma: rencontre, connerie faite par l’un des personnages, long moment chiant durant lequel le fautif se rend compte que ce qu’il a fait c’était pas trop trop une bonne idée, retrouvailles. L’erreur par excellence étant la tromperie ou un simple malentendu parfois. Mais tout reviens vite dans l’ordre car souvent celui qui a trompé se rend compte au contact de son amant que quand même la personne d’avant était mieux et retourne avec lui pour que tout retourne dans l’ordre… Mais est-ce vraiment le bon ordre ? J’ai souvent du mal avec ces histoires de rédemptions parce qu’il y a un personnage dont le film se contre-fou alors que c’est lui qui souffre le plus à la fin: la personne avec qui l’un des deux membres du couple a trompé l’autre. Prenons comme exemple à tous les garçons que j’ai aimé épisode 2 (je crois que c’est le deux mais ça fait longtemps que j’ai vu ce film donc je n’en suis pas sur. Je ne suis pas sur du nom des personnages non plus donc d’avance désolé). Au début Lara-Jean est heureuse avec Peter mais au milieu du film elle commence à se poser des questions et va donc se rapprocher de John-Ambrose mais heureusement à la fin tout rentre dans l’ordre, la fille c’est rendu compte que la personne qu’elle aimait réellement c’était Peter et personne d’autre et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant… Enfin Peter et Lara-Jean (du moins jusqu’au film d’après)… mais John-Ambrose ? Qu’advient-il de John-Ambrose que l’on abandonne à la fin du film avec le cœur brisé par le personnage principal ? Mais SURTOUT pourquoi personne ne semble s’en préoccuper ? Pourquoi les gens sont content de voir Lara-Jean avec Peter à la fin alors que John-Ambrose a fait mieux que lui durant tout le film ? Pourquoi les gens sont heureux pour Lara-Jean alors qu’elle a brisé le cœur de quelqu’un dans une sorte… d’expérience pour voir ce que c’était qu’aimer réellement ? Et c’est là que tout devient limpide: parce que l’amour. Je peux analyser tant que je veux, essayer de faire des comparaison, tenter de trouver la logique dans tout ça j’arriverai toujours à un paradoxe car… Je peux haïr cette conclusion aussi fort que je peux ça ne l’empêchera pas de s’imposer comme la vérité qu’elle est: l’amour ne s’explique pas, il se vit… Et ça ne sert à rien de lui chercher des définitions comme l’a fait la personne dont je parle dans l’intro ou comme je l’ai fait moi même précédemment.

Et de Noël

Elles sont de retour, ces musiques entêtantes et criardes que l’on connait tous par cœur. Les sapins commencent à être abattus et décorés, les parfums capiteux de biscuit, de résine et d’orange commencent à émaner des maisons. C’est officiel: Noël est de retour. Mais… Je n’en ai pas du tout l’impression et je ne suis pas le seul qui ne se rend pas compte que Noël est dans quatre jours. Je ne sais pas, ce n’est pas comme les autres années. Il n’y a pas cette impatience qui caractérisait cette période les années précédentes. Est-ce à cause du statut particulier de cette année ou du fait que je grandis ? Aucune idée. Mais j’espère que ce n’est pas la seconde option. J’ai depuis longtemps passé l’âge de croire aux lutins mais j’ai toujours cru au caractère magique de cette période de fêtes. Revoir les personnes qu’on croise rarement et les maisons se parer de décorations. C’est un spectacle que j’ai toujours aimé. Est-ce que grandir m’aurait même rendu indifférent à ça ? Sortir du cocon de l’enfance m’a fait me rendre compte que cette fête n’était pas forcément que positif mais est-ce que je vais vraiment me mettre à ne ressentir que ses aspects positifs ? Est-ce que je ne vais voir en Noël qu’une fête de surconsommation, une fête commerciale néfaste pour la planète et pour les gens qui sont seuls à cette période ? Une fête seulement là pour donner de l’espoir aux gens , pour leur donner leur dose d’espoir et de rêve annuelle afin qu’il trime les 364 autres jours de l’année en se disant:  » Tout ira bien, bientôt c’est Noël. ». D’ailleurs les catalogues de jouets sont arrivés en octobre cette année. Surement parce qu’on avait tous besoin d’espoir le plus tôt possible. Même les films de Noël me paraissent plus fade. Les quelques un que j’ai regardé cette année étaient génériques, aseptisés et remplis de scène de sexe (que voulez vous, il faut ce qu’il faut pour vendre les œuvres et conserver l’attention des spectateurs, même lorsqu’ils ont huit ans). Mais je ne peux même pas dire que c’est la faute de l’époque: je suis persuadé que si je revoyais les films qui sont sortis il y a une dizaine d’année et qui ont bercés les Noël de mon enfance je les trouverais aussi fades. C’est ça grandir ? Se rendre compte que les évènements qui nous remplissaient de joie il n’y a pas si longtemps sont en fait banal et peut digne d’intérêt ? Si c’est ça je ne vais surement pas tarder à développer le syndrome de Peter pan (paradoxal d’ailleurs, j’ai toujours détesté ce film).

Mais encore une fois je ne m’étale que sur le négatif alors qu’il y a tellement plus. Ces choses que les ne pourront jamais m’enlever, ces autres trucs que je vais pouvoir faire grâce à mon âge grandissant (se bourrer la gueule !) et enfin les trucs dont je ferrais bien de profiter car il y aura un Noël que je passerai avec sans savoir que se sera le dernier. J’ai même réussi à trouver une série de Noël bien ! D’ailleurs il ne tient qu’à moi de la retrouver, cette insouciance qui me permettait de voir le monde réellement paré de couleur à cette période, et non seulement illuminé par les guirlandes de Noël. Oui… Je crois que je vais faire ça en fait. Les gens pessimistes à la période des fêtes sont vraiment les pires.

Et de la Nostalgie

De tous les textes que j’ai lu, l’un de ceux qui m’a le plus marqué c’est celui qui parle de la fameuse madeleine de Proust. Pour ceux qui ne voient pas de quoi il s’agit, en gros, dans ce texte l’auteur raconte qu’un jour il mangeait une madeleine et il buvait une tasse de thé. Or il s’avère que cette madeleine et ce thé c’était la même recette de madeleine et le même thé qu’il prenait lorsqu’il était enfant. Grâce à ce goûter il va faire un voyage dans le temps, il va se rappeler de la vie qu’il menait à l’époque où il prenait cette madeleine et ce thé comme goûter. Il va détailler les choses qu’il sentait, qu’il voyait, qu’il entendait et ressentait à ce moment là. La dernière phrase « tout cela est sortit de ma tasse de thé » m’a vraiment marqué parce que je me demandais si c’était possible, si une madeleine et un thé pouvait servir de machine à remonter le temps.

Vous vous en doutez, si j’en parle c’est que j’ai vécu la même chose récemment. Bon moi je ne suis pas un gros mangeur donc ce n’est pas un aliment qui m’a transporté des années auparavant mais un morceau de musique. Je suis retombé il y a quelque temps sur la chanson que mes parents passaient en boucle quand j’étais enfant. Et je me suis revu. Je me suis revu la tête appuyée sur la vitre de la voiture qui roulait vers chez mes grands parents à contempler le ballet des goutes d’eau sur la fenêtre. Je me suis revu assis dans le salon de ma maison d’enfance, le disque passant sur la vieille radio de mon père. Si tout était sorti de la tasse de thé de Proust, moi c’est de ces hauts-parleurs, de ces harmonies que sont sortis les grandes lignes de mon passé. Bon en réalité c’est parce que la musique à une capacité folle pour s’imprégner des sentiments et des atmosphères mais autre sujet pour une autre chronique

Tout ça pour dire, cette chanson était un putain de shot de nostalgie pure. Et ça m’a cloué sur place. J’ai toujours entendu que tout était mieux avant. Et plus j’y réfléchis plus j’ai l’impression que c’est vrai. Bon en réalité c’est surement à cause du biais cognitif dit « de Statu Quo » que je pense, moi aussi, que c’était mieux avant (pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle je vous invite à vous renseigner c’est un sujet passionnant) mais je n’arrive pas à me convaincre que c’est faux. Pourtant il n’y avait pas moins de problème à l’époque, je ne me souviens juste pas qu’il y en avait. C’est réconfortant de s’enfermer dans notre passé, illusoirement parfait. Surtout quand on est à la veille d’un changement comme celui qui m’attends bientôt.

Alors je me retrouve à disserter sur la chanson de mon enfance, sur un texte que j’ai étudié au collège. Je me surprends à remonter des fils de discussions que j’aurai dû supprimer depuis bien longtemps… ou a ressortir mes vieilles cartouches de DS pokémon.

Et du Changement

Hier, et pour la troisième fois, j’ai terminé de regarder tous les épisodes de la série How I Meet Youre Mother. Okay j’avoue, dire que j’ai eu suffisamment de patience (ou de folie) pour regarder trois fois la même série qui comporte quand même neuf saison d’une vingtaine d’épisode chacune peut me faire passer pour un névrosé mais attendez… il y a pire : ça fait trois fois que je regarde cette série… en trois ans. Je commence le premier épisode durant l’été et je la termine l’été suivant. Donc en fait j’ai regardé cette série non-stop depuis trois ans. Bref, j’ai donc regardé les derniers épisodes cette semaine et j’ai été touché par ce magnifique mélange d’humour et de poésie comme lors du premier visionnage de cette série et comme je suis très influençable, j’ai eu envie de parler des mêmes choses qu’elle. Mais quelle thématique aborder ? Cette série parle de tellement de chose. En réfléchissant j’ai remarqué que lors de ce troisième visionnage des paroles m’ont particulièrement marqué alors qu’elles n’avaient pas eues un effet aussi fort sur moi lors de précédents . Et ils parlaient tous du changement. Dans cette série, tous les personnages vivent des bouleversement et le dernier épisodes insiste vraiment sur le fait que ces changements ont tué leur vie d’avant, celle où ils étaient jeunes et pouvaient faire la fête tous les soirs. Pourtant les protagonistes n’arrêtent pas de répéter qu’il ne faut pas s’arrêter sur le passé mais juste… Aller de l’avant. Si ces paroles ont autant résonné dans mon esprit cette année c’est parce que moi aussi je connaitrais bientôt un changement.

Je n’ai jamais aimé les changements. L’attrait que les gens ont pour l’inconnu m’a toujours paru étrange. Je suis bien trop flippé pour aimer faire des sauts de l’ange. J’aime les habitues et la routines. Je conviens que ce mode de vie peut paraitre ringard, digne d’un petit vieux, étonnant pour un jeune de mon âge. Mais que voulez-vous. Quand on ne change pas on est sûr de ne pas être déçu. Mon père m’a fait remarquer la dernières fois qu’en prenant toujours la même chose au restaurant je passais sûrement à côté de bon plat. Alors j’ai essayé quelque chose d’autre, quelque chose de « nouveau ». Et je n’ai pas aimé ce que j’ai pris (en même temps quelle idée de mettre du poisson dans une pizza). Pourquoi se priver de quelque chose que l’on aime en essayant quelque chose qu’on pourrait aimer aussi mais en fait qui pourrait être la pire chose qu’on ait jamais mangé ? Le jeu n’en vaut pas la chandelle. Est-ce pour ça que je regarde la même série en boucle depuis trois ans ? Je regarde d’autre choses à côté mais tout le temps que je consacre à regarder How I Meet Your Mother pourrait être consacré à autre chose… mais j’ai peur de changer mes habitudes.

Je trouve ça étonnant, cette passion que l’Homme moderne semble éprouver pour le changements. Ceux qui aiment la routine ne sont pas stylé. Pourtant cette volonté de toujours changer, de faire des choses nouvelles n’est pas quelque chose d’inné. Dans la nature jamais un animal ne va aller explorer cette nouvelle zone pace que c’est « quelque chose de nouveau » parce qu’il peut potentiellement trouver quelque chose de mortel dans ce nouvel endroit. Je crois que sur ce point-là, je suis resté bloqué dans le passé.

Pour l’instant j’ai parlé de ma peur du changement seulement à travers d’exemple concernant le divertissement, les séries ou la nourriture. Mais en réalité ça vaut aussi pour les grands bouleversements. J’ai peur quand je dois déménager, commencer une nouvelle vie, rencontrer de nouvelles personnes. Mais en fait, tous mes amis d’aujourd’hui dont je ne peux me passer ont un jour été des inconnus. Ma maison actuelle a un jour été le fruit d’un déménagement. Ma vie actuelle, quelque chose de terrifiant et d’inconnu. Je vois toujours le changement comme la fin de quelque chose. Mais j’oublie que c’est aussi le début d’autres aventures.

Et de l’Amour

Waouh, okay on attaque un gros morceau là. Non parce que j’ai beau entendre parler de l’amour depuis que je suis petit, dans les chansons, les films, les romans on ne m’a jamais donné la même réponse lorsque je demandais : « qu’est-ce que l’amour »… voire même on ne m’a jamais répondu. Et pourtant en un sens c’est simple : l’amour n’est que le joli nom que nous avons donné pour embellir l’un des aspect les plus primaire et bestial de l’être humain : perpétuer l’espèce. Ce sentiment qui semble tant nous obséder n’est en réalité qu’un cocktail d’hormones que nous a donné dame Nature afin de nous pousser à nous reproduire. Enfin ça c’est d’un point de vue biologique. Et d’un point de vue biologique, chez la plupart des animaux le mâle est plus grand et plus massif que la femelle de la même espèce. Du hauts de mes un mètre soixante-deux je suis bien placé pour affirmer que la biologie n’explique pas tout. Alors, qu’est-ce l’amour ? Je me la suis souvent posée cette question mais en réalité, a-t-elle seulement un sens ? Il existe autant d’amour qu’il y a de personne sur cette Terre. Ça peut paraitre cliché comme réponse mais honnêtement… Il existe tant de forme d’amour qui me sont étrangère mais que tant de personnes connaissent : L’amour pour un homme, l’amour pour son enfant, l’amour polygame… Impossible de donner une réponse claire à cette question. Je trouve que l’amour polygame est un bel exemple pour illustrer le fait que l’humanité c’est perdu en voulant codifier les relations amoureuse : il existe un mot pour désigner deux personnes qui s’aime, c’est un couple. Mais quand trois personnes ou plus s’aiment, comment appelle-t-on cette union ? On a pas de mot. Il n’existe pas de mots pour qualifier un type de relations qui deviennent de plus en plus fréquent en ce monde, n’en déplaise à ceux qui défendent une vision de l’amour archaïque, avec le mari qui travail et la femme qui reste à la maison s’occuper des enfants. Alors comment définir l’amour quand nous ne pouvons en concevoir toutes ces déclinaisons ?

Si définir une chose par ce qu’elle est est impossible, il faut essayer de voir ce qu’elle n’est pas. Alors qu’est-ce que n’est pas l’amour ? L’amour n’est pas un sentiment négatif ? Raté, c’est le cas. J’ai toujours eu du mal à comprendre comment on pouvait faire les louanges d’un sentiments qui « faisait perdre la raison ». L’amour fait mal. Et pour cause, au départ l’amour c’est un désir, et donc un manque de quelque chose que l’on essaye de combler. Je suis amoureux de quelqu’un, mais cette personne n’est pas proche de moi. Elle me manque, elle est un manque. L’amour est une déchirure perpétuelle. Car si jamais j’avoue à cette personne qu’elle m’aime et que ce n’est pas réciproque, ça me fera souffrir car on ne sera jamais plus proche, et mon désir n’en sera que plus grand. Mais ce désir sera impossible à combler et restera donc une plaie ouverte. Chouette vision n’est-ce pas ? Et attendez ce n’est pas finit. Si je vous demandais, de quel sentiments l’amour se rapproche le plus ? Je pense que la joie ou le plaisir serait dans vos réponses. Et pourtant… Pourtant l’émotion la plus similaire est la haine. Il ne suffit d’un rien, d’un geste, d’un mot pour passer de l’amour à la haine. L’amour est une haine camouflée.

Okay je viens d’étaler tout ça sur le papier et au final… Je me rends comptes que dans quelques heures je serais totalement en désaccord avec ce que je viens d’écrire. Nos idées et nos certitudes ne sont que des pensées volages et éphémères, en particulier les certitudes sur les sentiments, qui grandiront avec nous. Après avoir lu ce que je viens d’écrire, on a l’impression que l’amour est, pour moi, la pire chose qu’il pourrait arriver. Alors que demain il est fort probable que je me rende compte que c’est le but ultime de tout une vie. Tout ça pour dire que… L’amour on y reviendra !

Et du destin

J’ai toujours été fasciné par le destin, cette idée que toute notre vie est déjà tracée, que tous les évènements que nous allons connaitre sont retranscrits quelque part. Je trouve ça fascinant parce que c’est incroyablement pessimiste: pourquoi vouloir changer le cours des choses si tout est déjà déterminé, pourquoi se battre pour que telle chose vous arrive alors qu’il est écrit qu’elle n’arrivera pas. Pourquoi vivre si tout est déjà définit ? Si le destin existe alors il faudrait simplement attendre de voir que les choses qui doivent nous arriver se produisent parce que nous ne pourrons rien faire pour influencer ces évènements.

Mais en soi si c’était juste ça le destin ce serait pas très intéressant. Non ce que je trouve intéressant aussi c’est le côté rassurant de cette idée. Si tout ce que vous allez faire est déjà prévu, pourquoi se prendre la tête ? Ce qui doit arriver arrivera, pas besoin de cogiter durant des jours en se demandant est-ce que cette personne vous aime, l’univers à un plan pour cette histoire, comme il a un plan pour tout. Je suis tombé sur un post insta la dernière fois qui disait grossièrement que parfois il ne fallait pas forcer quelque chose parce qu’il était possible que la vie bloque pour vous protéger. Je trouve ça amusant de penser qu’il y a un être supérieur qui s’occupe des moindres problèmes de tous les habitants de cette Terre. Gerer l’existence de 7 milliard d’être humain doit être un casse-tête monstre comme boulot !

Si le destin existe vraiment ça doit être quelque chose d’incroyablement complexe. Si on reste à notre échelle déjà. Imaginer que toutes vos réactions et vos actes sont définis à l’avance donne déjà le vertige mais alors anticiper l’influence de chacune de ces actions sur le reste d’une vie… Je ne peux imaginer la complexité d’un tel projet. Mais à l’échelle encore plus grande ça devient clairement ingérable. Car si mes actes influencent ma propre vie, ceux de mes amis, de ma famille, des personnalités que j’apprécie voir même de total inconnu ont également une influence. Nos existence deviennent alors de gigantesques toiles où tout est connecté. Les fils de nos vies se croisent, se divisent, se coupent dans un mouvement indéchiffrable et parfois simplement dus au hasard.

J’écris ces lignes sur le destin mais en réalité il est impossible de prouver que cette idée est réelle. Cependant, quand on y réfléchit bien il y a certains événements de nos vies qui ont eu lieu après une suite de situation que l’on aurait jamais pu prévoir et dont la fin était totalement imprévisible. D’autres actes nous sont arrivés et on ne sait toujours pas pour quelles raisons. D’autre encore étaient tellement inattendus qu’on peut presque parler d’anomalie. Cette succession d’évènements qu’est notre vie me parait bien trop aléatoire pour que je ne puisse lui trouver une explication autre que surnaturelle.

Et des sentiments

On m’a dit un jour que j’étais une personne trop sensible et que cette sensibilité me permettait de connaître des sensations que la plupart des gens ignorent. Mais aussi qu’à cause d’elle je serais enclin à recevoir de gigantesques claques de la part de la vie. Je trouve que cet exemple illustre parfaitement à quel point les sentiments sont quelque chose de complexe. Ils peuvent être des compagnons précieux… ou détestables.

Vous vous basez sur quoi pour prendre une décision importante ? Sur ce que votre cerveau vous dicte ou ce qui vous est insufflé par votre cœur ? J’ai toujours eu beaucoup de respect pour ceux qui étaient capable de prendre des décisions rationnelles, réussissant à détacher leurs sentiments de leur raisonnement. Ça me fait un peu penser au professeur dans La Casa De Papel. Au départ sa règle unique est de ne pas avoir de sentiment pour les autres membres de l’équipe de braqueur. Ce détachement permettrait de prendre les meilleures décisions de manière objective afin de mener le cambriolage à bien. Au final personne ne s’y tiens. Des amitiés se développent, des relations amoureuse, des rivalités… Il est impossible de mettre de côté ses sentiments apparemment. Ils sont trop ancré dans notre nature humaine.

Est-ce pour cela que l’on surnomme les personnes qui savent faire abstraction de leurs sentiments des « robots »? Comme s’il était inhumain de savoir exclure un élément qui semble handicapant. Cependant s’il peut sembler utile de savoir mettre de côté ses émotions afin de prendre une décision de manière objective, ne rien ressentir du tout est à mes yeux une perspective horrible. Je crache beaucoup sur les sentiments depuis le début. Mais en réalité c’est lorsque je ressens une joie ou une tristesse jusqu’au plus profond de mon être que je me sens le plus vivant.