Nous sommes sept milliards d’êtres humains. Je ne vous apprends surement rien c’est une donnée que quasiment tout le monde connait. Mais comme souvent il y a les chiffres et, derrière, ce qu’ils ont une fâcheuse tendance à cacher: les faits. C’est une chose de savoir que nous sommes beaucoup, s’en est une autre de se rendre compte qu’il y a sept milliards de personne avec leurs rêves, leurs peurs, leurs histoires. Je trouve ça vertigineux de savoir que toutes les personnes qu’on croise dans la rue ont vécues des choses prenantes que nous ne soupçonnons même pas. Comment peut-il y avoir assez de malheur et de bonheur pour nourrir tout ce monde ?
En plus d’être vertigineux c’est aussi une porte ouverte sur la relativisation: nos problèmes, aussi insurmontables et destructeurs qu’ils peuvent nous sembler, ne touchent même pas un millième de l’humanité. Tout le monde a des obstacles qui empêchent leur monde de tourner rond, sans que cela n’ait l’air d’affecter le monde des autres. Pourtant nous croisons chaque jours ces personnes sans être affectés par la plupart de leur problème. Ça rejoins un peu la phrase « il y a toujours plus malheureux » je trouve. D’ailleurs ce dicton m’a toujours intrigué. Il y a forcément une personne tout en bas non ? S’il y en a toujours au dessus…
Mais je divague (vague). Je trouve que ce qui illustre le mieux cette impression d’immensité c’est la voix. Chaque jour on entend des voix qui nous sont inconnues: celle des acteurs dans les films, celles de ses étudiants qui rigolent à une terrasse, celle de cette vieille dame qui est passé à côté de vous dans la rue. Ces voix sont proches de nous, accessibles, pourtant nous ne savons pas à qui elles appartiennent lorsque nous les entendons. Nous n’avons accès qu’à la surface et il faut un certain nombre de fréquentation avec elle pour faire l’association voix/visage. C’est un peu l’analogie d’une relation: au départ il n’y a que la surface, le physique. Et puis on apprend la personne, on approfondit notre connaissance de l’autre. Jusqu’à au final associer un corps à un esprit.
Je ne sais pas trop comment conclure ce post… Disons simplement que les personnes qu’on croise dans la rue ont des histoires à raconter.