De tous les textes que j’ai lu, l’un de ceux qui m’a le plus marqué c’est celui qui parle de la fameuse madeleine de Proust. Pour ceux qui ne voient pas de quoi il s’agit, en gros, dans ce texte l’auteur raconte qu’un jour il mangeait une madeleine et il buvait une tasse de thé. Or il s’avère que cette madeleine et ce thé c’était la même recette de madeleine et le même thé qu’il prenait lorsqu’il était enfant. Grâce à ce goûter il va faire un voyage dans le temps, il va se rappeler de la vie qu’il menait à l’époque où il prenait cette madeleine et ce thé comme goûter. Il va détailler les choses qu’il sentait, qu’il voyait, qu’il entendait et ressentait à ce moment là. La dernière phrase « tout cela est sortit de ma tasse de thé » m’a vraiment marqué parce que je me demandais si c’était possible, si une madeleine et un thé pouvait servir de machine à remonter le temps.
Vous vous en doutez, si j’en parle c’est que j’ai vécu la même chose récemment. Bon moi je ne suis pas un gros mangeur donc ce n’est pas un aliment qui m’a transporté des années auparavant mais un morceau de musique. Je suis retombé il y a quelque temps sur la chanson que mes parents passaient en boucle quand j’étais enfant. Et je me suis revu. Je me suis revu la tête appuyée sur la vitre de la voiture qui roulait vers chez mes grands parents à contempler le ballet des goutes d’eau sur la fenêtre. Je me suis revu assis dans le salon de ma maison d’enfance, le disque passant sur la vieille radio de mon père. Si tout était sorti de la tasse de thé de Proust, moi c’est de ces hauts-parleurs, de ces harmonies que sont sortis les grandes lignes de mon passé. Bon en réalité c’est parce que la musique à une capacité folle pour s’imprégner des sentiments et des atmosphères mais autre sujet pour une autre chronique
Tout ça pour dire, cette chanson était un putain de shot de nostalgie pure. Et ça m’a cloué sur place. J’ai toujours entendu que tout était mieux avant. Et plus j’y réfléchis plus j’ai l’impression que c’est vrai. Bon en réalité c’est surement à cause du biais cognitif dit « de Statu Quo » que je pense, moi aussi, que c’était mieux avant (pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle je vous invite à vous renseigner c’est un sujet passionnant) mais je n’arrive pas à me convaincre que c’est faux. Pourtant il n’y avait pas moins de problème à l’époque, je ne me souviens juste pas qu’il y en avait. C’est réconfortant de s’enfermer dans notre passé, illusoirement parfait. Surtout quand on est à la veille d’un changement comme celui qui m’attends bientôt.
Alors je me retrouve à disserter sur la chanson de mon enfance, sur un texte que j’ai étudié au collège. Je me surprends à remonter des fils de discussions que j’aurai dû supprimer depuis bien longtemps… ou a ressortir mes vieilles cartouches de DS pokémon.